André Quinto

Masseur-kinésithérapeute DE

Dans cet article

Perte de libido chez la femme Comprendre pourquoi elle varie et comment retrouver le désir

Femmes

Perte de libido chez la femme : comprendre pourquoi elle varie et comment retrouver le désir

Vous avez peut-être déjà ressenti une baisse de désir, sans vraiment comprendre pourquoi. Moins d’envie, moins d’initiatives… parfois même l’impression que la libido a disparu.

Pourtant, cette situation est loin d’être rare. Une étude menée en 2021 auprès de 5 025 femmes en France montre que 35 % se disent insatisfaites de leur vie sexuelle, et que 20 à 40 % rapportent un manque de désir.

Contrairement aux idées reçues, la libido chez la femme n’est pas un mécanisme stable ni automatique. Elle évolue au fil du temps et dépend d’un équilibre entre des facteurs biologiques, psychologiques et relationnels.

Il est donc fréquent de traverser des périodes où l’envie diminue, sans que cela soit anormal.

Dans cet article, vous allez comprendre pourquoi la libido chez la femme varie, ce qui peut l’influencer concrètement, et surtout comment agir de manière adaptée pour la retrouver.

1) Qu’est-ce que la libido chez la femme ?

Aussi appelée « désir sexuel », la libido correspond à un processus complexe avec des composantes biologiques, neuroendocriniennes et psycho-relationnelles. La libido oriente un individu vers des pensées sexuelles ou la recherche d’une activité intime. Elle joue un rôle important dans sa santé et son bien-être global.

Les travaux scientifiques décrivent généralement plusieurs formes de désir :

  • Le désir spontané : Il apparaît sans stimulation directe ni élément déclencheur identifiable. Il survient à tout moment, même en l’absence de contact physique, et s’appuie souvent sur des pensées, des fantasmes ou des états émotionnels.

  • Le désir réactif : Il se manifeste en réponse à un stimulus : une interaction, une présence, un geste, des caresses, une parole, une proximité émotionnelle ou un contexte particulier.

Témoignage (anonymisé) « Au début de ma relation, je ressentais peu d’envie. Avec le temps, j’ai développé des sentiments, de la confiance s’est créée et le désir s’est installé. J’ai compris que cela ne signifiait pas un “problème”, mais simplement que j’avais besoin de temps et de sécurité pour que mon désir émerge. »

Contrairement à l’idée reçue d’un désir qui apparaîtrait spontanément, celui-ci peut émerger progressivement, en réponse à un contexte relationnel sécurisant, à une proximité émotionnelle ou à des stimulations.

Ce fonctionnement a notamment été décrit dans le modèle circulaire du désir sexuel proposé par Rosemary Basson (voir ci-dessous), qui met en évidence le rôle central de la relation, de la sécurité émotionnelle et de l’intimité dans l’émergence du désir.

le modèle circulaire du désir sexuel proposé par Rosemary Basson (libido chez la femme)
Le modèle circulaire du désir sexuel proposé par Rosemary Basson

2) Comment s’exprime la libido chez la femme ?

Chez de nombreuses femmes, la libido ne se manifeste pas forcément par une envie soudaine de rapports sexuels. Elle peut prendre des formes plus subtiles, comme

  • Des pensées ou des fantasmes,
  • Une curiosité ou une ouverture à une interaction intime,
  • Une envie de proximité, de contact physique ou de connexion émotionnelle,
  • Une forme de réceptivité, davantage tournée vers l’accueil que vers l’initiative.

La libido chez la femme peut également s’exprimer à travers des signaux corporels :

  • Une sensation de chaleur ou de tension sexuelle,
  • Une augmentation de la lubrification vaginale,
  • Une sensibilité accrue aux stimulations (mots, toucher, odeurs…).

Il arrive cependant que ces signaux passent inaperçus ou soient difficiles à identifier. Cela ne traduit pas nécessairement une absence de désir, mais plutôt une manière différente de le ressentir ou de le percevoir

3) Comment savoir si ma libido est normale ?

La libido chez la femme est extrêmement fluctuante avec des phases intenses et des phases dites « calmes ». Chaque femme possède une libido qui lui est propre, et qui ne doit pas être comparée avec celle des autres femmes.

Le tableau ci-dessous récapitule les critères de diagnostic issus du DSM-V (manuel médical de référence). Si vous possédez au moins 3 symptômes du Critère A associés aux critères B,C et D, alors nous vous conseillons de consulter un professionnel de santé (médecin généraliste, sage-femme, gynécologue). Celui-ci pourra évaluer et poser un diagnostic.

Les critères de diagnostic issus du DSM-V
Les critères de diagnostic issus du DSM-V

4) Quelles hormones jouent un rôle sur la libido chez la femme ?

Certaines périodes comme la grossesse, le post-partum ou la ménopause peuvent influencer la libido sous l’influence du taux de certaines hormones (nous détaillons ces situations dans des articles dédiés) :

  • Les œstrogènes : une augmentation du taux d’œstrogènes augmenterait indirectement la libido chez la femme. Leur diminution (notamment à la ménopause) peut entraîner une sécheresse vaginale ou des douleurs lors des rapports, qui peuvent indirectement impacter le désir.

  • La testostérone : bien que présente en plus faible quantité chez la femme, Elle est impliquée dans la motivation sexuelle, les fantasmes et l’initiation du désir. Une diminution de son taux peut être associée à une baisse de libido.

  • La dopamine : La dopamine est impliquée dans les circuits de la motivation et de la récompense. Elle intervient dans l’anticipation du plaisir et peut favoriser l’envie d’initier une interaction intime. Un taux élevé stimulerait le désir.

  • L’Ocytocine : cette hormone libérée dans la circulation générale au cours des interactions affectives et durant l’activité sexuelle. L’ocytocine est souvent présentée comme « l’hormone de la tendresse » car elle favorise le comportement affectueux dans les interactions non sexuelles.

  • La prolactine : La prolactine, notamment élevée après l’orgasme ou pendant l’allaitement, est associée à une diminution transitoire du désir sexuel.

Il est important de souligner que certaines femmes conservent une libido stable malgré des changements hormonaux importants, ce qui souligne le rôle majeur des facteurs psychologiques et relationnels.

5) Qu’est ce qui peut influencer la libido chez la femme ?

Il est indispensable de comprendre que des éléments, autres que les hormones, rentrent en jeu et que l’association de plusieurs facteurs va impacter le désir sexuel. Voici une liste des différents facteurs :

A) La relation de couple : un facteur clé

La qualité de la relation est l’un des éléments les plus déterminants dans la libido.

Dans ces situations, le problème n’est pas “la libido”, mais le contexte dans lequel elle s’exprime.

Vous pouvez vous sentir proche de votre partenaire au quotidien… mais ne pas ressentir d’envie dans un climat de fatigue relationnelle ou de pression.

Si vous vous reconnaissez dans ces situations, un psychologue ou un sexologue peut vous accompagner. Trouvez-en un à proximité de chez vous en cliquant ici.

B) L’état émotionnel et libido chez la femme

Le stress et la fatigue sont parmi les causes les plus fréquentes de baisse de libido. Ils diminuent la disponibilité mentale et perturbent les mécanismes du désir. L’état émotionnel est un facteur très fréquent et souvent sous-estimé :

  • Le stress augmente le cortisol ce qui freine les mécanismes du désir,
  • La fatigue diminue la disponibilité mentale,
  • La charge mentale empêche de “se rendre disponible”.

C) L’image corporelle et l’estime de soi

Le rapport à son corps joue un rôle important dans la sexualité. Se sentir en confiance, à l’aise avec son corps et son image favorise le lâcher-prise nécessaire au désir. À l’inverse, une image corporelle négative peut freiner l’envie et limiter l’implication dans l’intimité.

Un sentiment de ne pas être désirable, une gêne vis-à-vis de son corps ou la crainte du regard de l’autre peut freiner l’expression du désir.

D) Les expériences passées

Les expériences sexuelles passées, qu’elles soient positives ou négatives, peuvent influencer la manière dont le désir se manifeste. Des expériences douloureuses ou inconfortables peuvent entraîner une appréhension ou un évitement :

  • Des rapports douloureux (dyspareunies),
  • Des expériences négatives ou marquantes (critiques récurrentes, exigences passées, violences),
  • Une éducation sexuelle culpabilisante (religion, culture, environnement familial).

E) Le contexte de vie (enfant, travail, santé…)

Le désir sexuel dépend aussi des périodes de la vie dans lequel une personne évolue. Certains moments de vie peuvent entraîner une baisse temporaire de la libido :

  • La naissance d’un enfant, un décès,
  • Un burn out,
  • Un problème de santé (ex. : cancer) ou préoccupations personnelles…

F) Les troubles associés

Certaines conditions médicales peuvent avoir un impact direct ou indirect sur la libido. La douleur, l’inconfort ou les modifications corporelles peuvent entraîner une diminution du désir, nécessitant parfois une prise en charge spécifique :

6) Comment augmenter sa libido ? Ce qui fonctionne vraiment

Il n’existe pas de solution unique pour “augmenter” ou “améliorer” la libido. Chercher à stimuler le désir sans en comprendre la cause est souvent inefficace, voire contre-productif.

L’objectif n’est donc pas de “forcer” le désir, mais de recréer des conditions favorables à son émergence.

Étape n°1 : Identifier ce qui freine le désir

Repérer un ou plusieurs facteurs dominants qui pourrait impacter la libido chez la femme et qui permettrait d’adapter les actions de manière plus ciblée.

Par exemple :

  • Une fatigue importante, un manque de sommeil ou un stress chronique,
  • Des tensions dans le couple ou un manque de connexion émotionnelle,
  • Des douleurs ou un inconfort lors des rapports peuvent entraîner une peur voire un évitement progressif.

Identifier ces éléments constitue une première étape essentielle pour comprendre l’origine de la baisse de libido et pouvoir ainsi envisager des solutions efficaces.

Étape n°2 : Restaurer la disponibilité physique et mentale

Le désir nécessite une certaine disponibilité, à la fois corporelle et mentale.

Lorsque le corps est fatigué ou que l’esprit est saturé, la libido passe naturellement au second plan.

  • Améliorer la qualité du sommeil,
  • Alléger la charge mentale, 
  • Accepter de ralentir le rythme.

Dans de nombreux cas, ces ajustements suffisent à relancer progressivement le désir.

Étape n°3 : Travailler la relation et le contexte émotionnel

La libido chez la femme est étroitement lié au sentiment de sécurité émotionnelle.

Les tensions, les non-dits ou la pression autour de la sexualité peuvent freiner, voire bloquer complètement l’envie.

À l’inverse, recréer un climat de confiance et de complicité peut favoriser le retour du désir. Cela peut passer par :

  • Améliorer la communication,
  • Créer des moments de complicité, de partage,
  • Diminuer la pression autour des rapports,
  • Réintroduire des moments de proximité sans objectif sexuel.

Dans certains cas, ce travail relationnel est plus déterminant que les aspects physiques.

Étape n°4 : Se reconnecter à ses sensations

Le désir ne passe pas uniquement par l’envie mentale. Il peut aussi émerger à partir des sensations corporelles.

Prendre du temps pour soi, explorer son corps, ou se recentrer sur ses ressentis sans pression de performance peut permettre de réactiver progressivement le désir.

L’objectif n’est pas d’obtenir un résultat immédiat, mais de recréer une relation plus apaisée avec son corps et son intimité.

Étape n°5 : Comprendre le rôle du désir « réactif » 

Contrairement à une idée répandue, le désir ne précède pas toujours l’envie de rapports.

Chez de nombreuses femmes, il apparaît progressivement, en réponse à un contexte favorable : proximité, stimulation, sécurité émotionnelle.

Ce fonctionnement, décrit notamment dans le modèle de Rosemary Basson, est fréquent et normal.

Attendre une envie “spontanée” peut donc être contre-productif dans certaines situations.

Étape n°6 : Éviter ce qui aggravent la situation

Certaines approches, bien que fréquentes, peuvent être inefficaces ou aggraver la situation :

  • Se forcer à avoir des rapports sexuels,
  • Chercher à “retrouver une libido normale” à tout prix,
  • Se comparer aux autres ou à une norme supposée,
  • Se focaliser uniquement sur la performance ou la fréquence des rapports.

Ces stratégies peuvent renforcer la pression et éloigner davantage du désir. À l’inverse, adopter une approche progressive et bienveillante est souvent plus bénéfique.

Étape n°7 : Savoir quand consulter

Lorsque la baisse de libido devient persistante, source de souffrance ou difficile à comprendre, il est important de ne pas rester seule.

Un professionnel de santé formé à ces problématiques (médecin, sage-femme, sexologue, kinésithérapeute spécialisé, psychologue) peut aider à identifier les causes et proposer des solutions adaptées.

Intimité retrouvée a créé un réseau de professionnels de santé spécialisés, près de chez vous, que vous pouvez consulter dans notre annuaire dédié.

7) Conclusion

La libido chez la femme est un phénomène complexe, fluctuant et profondément individuel. Elle ne se résume ni à une envie constante, ni à une norme à atteindre, mais s’inscrit dans un équilibre subtil entre le corps, l’esprit et le contexte de vie.

Au fil des périodes de vie, chaque femme traverse naturellement des changements hormonaux, des expériences personnelles et relationnelles. Il est tout à fait normal que le désir évolue, apparaisse différemment, ou se fasse plus discret. Comprendre ces variations permet déjà de porter un regard plus apaisé sur sa sexualité, sans culpabilité ni pression.

Plutôt que de chercher à “retrouver une libido idéale”, l’enjeu est souvent de recréer des conditions favorables au désir : prendre soin de soi, de son équilibre de vie, de sa relation, et réapprendre à écouter ses sensations.

Enfin, lorsque ces difficultés deviennent persistantes, douloureuses ou incomprises, il est essentiel de ne pas rester seule et de consulter.

8) Questions fréquentes sur la libido chez la femme

A) Pourquoi je n’ai plus de libido ?

Le désir sexuel dépend d’un équilibre entre des éléments biologiques, psychologiques, relationnels et contextuels.

Plusieurs situations fréquentes peuvent être en cause :

  • Une fatigue importante ou un stress chronique, qui diminuent la disponibilité mentale,
  • Une charge mentale élevée ou un rythme de vie intense,
  • Des tensions dans le couple ou un manque de connexion émotionnelle,
  • Des douleurs lors des rapports (dyspareunie, sécheresse vaginale),
  • Des variations hormonales (cycle menstruel, grossesse, ménopause),
  • Certains traitements médicaux ou problèmes de santé.

Chez de nombreuses femmes, le désir ne disparaît pas totalement mais devient moins spontané. Il peut alors émerger progressivement dans un contexte de sécurité, de détente et de proximité.

Il est important de rappeler qu’une baisse de libido est fréquente et souvent temporaire.

B) Est-ce que la libido chez la femme peut disparaître complètement ?

Oui, il est possible de traverser des périodes où le désir semble absent. Cela peut être lié à des facteurs temporaires (fatigue, stress, événements de vie) ou plus durables (contexte relationnel, troubles de santé). Une absence de libido n’est pas forcément anormale, mais si elle persiste et devient source de souffrance, un accompagnement peut être utile.

C) Combien de temps dure une baisse de libido chez la femme ?

La durée d’une baisse de libido chez la femme est très variable et dépend principalement de sa cause. Dans de nombreuses situations, elle est temporaire et liée à un contexte particulier.

Par exemple, une baisse de désir liée à une surcharge mentale ou à un manque de sommeil peut s’améliorer en quelques semaines, lorsque l’équilibre de vie se rétablit. À l’inverse, lorsqu’elle est associée à des facteurs plus durables — comme des tensions dans le couple, des douleurs lors des rapports ou certaines conditions médicales — elle peut s’installer dans le temps si elle n’est pas prise en charge.

Chez certaines femmes, notamment après un accouchement ou lors de périodes de transition hormonale (comme la périménopause), la libido peut mettre plusieurs mois à évoluer.

Il est donc difficile de définir une durée “normale”.

D) Est-ce que regarder du contenu pornographique influence la libido chez la femme ?

Cela dépend des personnes. Pour certaines, cela peut stimuler l’imaginaire et favoriser le désir. Pour d’autres, cela peut au contraire créer des attentes irréalistes ou une forme de comparaison, pouvant freiner le désir. L’impact est donc très variable.

Sources :
  • Shari M. Blumenstock, PhD, Kelly Suschinsky, PhD, Lori A. Brotto, PhD, Meredith L. Chivers, PhD. Genital arousal and responsive desire among women with and without sexual interest/arousal disorder symptoms. The Journal of Sexual Medicine, 2024, volume 21, 539–547.
  • Jessica A Pettigrew, Andrew M Novick. An Overview of Hypoactive Sexual Desire Disorder: Physiology, Assessment, Diagnosis, and Treatment. Journal of Midwifery & Women’s Health, septembre 2021, volume 66, Issue 6, pages 740-748.
  • American Psychiatric Association. Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (5th ed.). Washington, DC: APA; 2013. Version Française, pages 565-570.
  • Sofia DANDOIS. Troubles du désir sexuel chez la femme : une étude qualitative explorant l’expérience sensible et les représentations de 19 patientes dans le Nord-Pas-de-Calais. Thèse pour l’obtention du diplôme d’état de docteur en médecine. Avril 2023.
  • Jeff Kiesner, PhD, Celeste Bittoni, MS, Tory Eisenlohr-Moul, PhD, Barry Komisaruk, PhD, Massimiliano Pastore, PhD. Menstrual cycle–driven vs noncyclical daily changes in sexual desire. The Journal of Sexual Medicine, 2023, pages 1–10.
  • Francisco Javier Fernández-Carrasco, Cirenia Batugg-Chaves, Azahara Ruger-Navarrete, Francisco Javier Riesco-González, Rocío Palomo-Gómez, Juan Gómez-Salgado, Luciano Rodriguez Diaz, María Dolores Vázquez-Lara, Javier Fagundo-Rivera and Juana Maria Vázquez-Lara. Influence of pregnancy on sexual desire in pregnant women and their partners: systematic review. Public Health Reviews, published : 19 January 2024.
  • Christiana Arampatzi, Vasiliki Michou, Panagiotis Eskitzis, Konstantinos Andreou and Loukas Athanasiadis. Factors Associated with Postpartum Sexual Function During the Puerperium Period: A Cross-Sectional Study in Greece. Nursing reports, 2025, 15(3), 86.

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