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*Ne remplace pas un avis médical.

La maladie de Lapeyronie et ses traitements

La maladie de Lapeyronie est un motif fréquent de consultation, dont le traitement reste sujet à de nombreuses controverses. Par manque de recommandation française, le Comité d’Andrologie et de Médecine Sexuelle de l’Association Française d’Urologie a établi un ensemble de recommandations basées sur des preuves scientifiques.

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1/ Qu’est-ce que la maladie de Lapeyronie ?

La maladie de Lapeyronie est une pathologie d’évolution lente causée par l’apparition d’une fibrose (accumulation excessive de tissus conjonctifs) de la tunique albuginée entraînant la formation de plaque(s) rigide(s) et rétractile(s) (voir le schéma ci-dessous). Touchant les hommes aux alentours des 50-60 ans, cette pathologie peut entraîner une déviation de la verge, des douleurs ainsi que des difficultés pour la pénétration. La maladie de Lapeyronie est une maladie bénigne qui peut cependant impacter fortement la qualité de vie du patient ainsi que de son/sa partenaire.

En règle général, la maladie de Lapeyronie passe par deux phases :

  • Phase inflammatoire (dure entre 6 et 18 mois), aiguë, souvent douloureuse, durant laquelle la plaque fibreuse rigide commence à se former entraînant une ébauche de déformation de la verge,
  • Phase chronique, durant laquelle on observe en général une diminution de la douleur ainsi qu’une évolution de la déformation (diminution, stagnation ou aggravation) qui va s’installer définitivement.

À noter : la maladie de Lapeyronie peut également apparaître à l adolescence, rendant les premiers rapports difficiles et douloureux. À différencier cependant de la courbure congénitale de la verge.

2/ Les symptômes de la maladie de Lapeyronie :

La maladie de Lapeyronie présente plusieurs symptômes, plus ou moins fréquents :

  • La douleur : parfois isolée, elle est présente dans plus de 50 % des cas au cours de la phase inflammatoire,
  • Une déformation de la verge chez 80% des patients,
  • Une dysfonction érectile (voir impuissance masculine et dysfonction érectile) chez 20 à 50% des patients,
  • Un traumatisme lors de la pénétration chez 5 à 13% des individus,
  • Un impact psycho-relationnel.

Des études épidémiologiques montrent l’association de la maladie de Lapeyronie avec d’autres pathologies (terrains probablement prédisposants) :

  • Le diabète, 
  • L’obésité, 
  • L’hypertension artérielle, 
  • L’hyperlipémie, 
  • Le tabagisme,
  • La prostatectomie,
  • Les pathologies du tissus conjonctif (ex. : Maladie de Dupuytren)

3 / Les causes de la maladie de Lapeyronie

Cette affection étant considérée comme multifactorielle, les raisons de l’apparition de cette maladie reste mal connues. L’hypothèse de micro-traumatismes de la verge comme déclencheurs de la pathologie est privilégiée. L’étude microscopique des tissus touchés montre la présence de 95% de fibrine dans un tissus (albuginée) qui en est habituellement quasi dépourvu.

4 / Impact de la maladie de Lapeyronie sur la sexualité :

Cette affection est associée à une détresse psycho-relationnelle importante. L’impact psychologique pourrait être l’une des raisons pour lesquelles les patients tardent à consulter. On peut observer divers phénomènes :

  • Impacts psychologiques : dépression, anxiété, perte de confiance en soi, détresse émotionnelle, modification de la perception de l’image corporelle, sensation de perte de « virilité »…,
  • Impacts relationnels : altération de la qualité (ressenti personnel) et diminution de la fréquence des relations sexuelles, difficulté voir impossibilité de réaliser toutes pénétrations, limitation de l’intimité, isolement social, difficultés à faire des rencontres sentimentales,…

 

À noter : l’aspect psychologique d’un trouble intime est trop souvent minimisé, il serait intéressant de chercher systématiquement les effets psychologiques pour pouvoir orienter rapidement le patient et lui apporter une prise en charge plus globale.

Il est important de rappeler que les professionnels de santé sont habitués à aborder ce genre de sujet. Ce qui peut être tabou pour vous ne l’est pas pour eux. Si vous pensez présenter des symptômes de la maladie de Lapeyronie, n’hésitez pas à consulter notre annuaire de professionnels de santé spécialisés en cliquant ici.

5 / Qui pose le diagnostic de la maladie de Lapeyronie et comment?

La pose du diagnostic se fait sur la clinique, c’est à dire sur les symptômes observés. Un médecin généraliste, un médecin sexologue, un urologue ou un andrologue (voir notre annuaire) pourront affirmer le diagnostic suite à une évaluation initiale. Aucun examen complémentaire n’est obligatoire, seul le médecin prendra la décision d’en réaliser. Cela pourra lui permettre de vous proposer un traitement adapté. 

L’examen initial aura pour objectif de repérer :

  • Les pathologies prédisposantes, 
  • De préciser les symptômes (douleurs, déformation…), 
  • La phase de la maladie, 
  • L’ancienneté des troubles, 
  • Leur évolution,
  • Le retentissement psychologique et relationnel,
  • Une dysfonction de l’érection et/ou une difficulté à la pénétration,

Le type de sexualité afin de comprendre les attentes du patient.

Accédez à un spécialiste de la maladie de Lapeyronie près de chez vous

Si la maladie de Lapeyronie impacte votre sexualité ou votre bien-être, il est conseillé d’en parler à un professionnel de santé. Certains praticiens sont spécifiquement formés aux troubles sexuels et à la santé sexuelle.

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6 / Les traitements de la maladie de Lapeyronie

Le choix du traitement se fera en fonction des éléments retrouvés lors de l’examen initial.

  • Les traitements non chirurgicaux :
    • Les traitements oraux : aucun traitement n’a actuellement d’autorisation de mise sur le marché (AMM) concernant la maladie de Lapeyronie. Cependant certains traitements sont prescrits mais ils manquent de preuves scientifiques,
    • Des injections intra-plaques (ex. : Verapamil, PRP,…),
    • Extenseur pénien (voir notre sélection) : l’objectif est d’améliorer la courbure. Selon l’Association française d’urologie, pour être efficace, ce dispositif devrait être porté de 2 à 8 heures par jour pendant 6 mois,
    • Vacuum (voir notre sélection) : l’objectif est de diminuer la courbure,
    • Les ondes de choc à faible intensité.
  • Les traitements chirurgicaux :

Pour proposer un traitement chirurgical, il est nécessaire de respecter certains critères :

  • La maladie doit être stabilisée, symptômes apparus il y a 6 mois voir 1 ans,
  • Stabilité de la déformation et absence d’évolution de la douleur depuis 3 à 6 mois,
  • Responsable d’un handicap sexuel important et d’une insatisfaction sexuelle.

Le chirurgien vous délivrera les informations nécessaires à la compréhension des bénéfices et des risques liés à l’opération.

  • Prise en charge de l’aspect psycho-relationnel : dans le cas où vous présenteriez des signes de perturbations psycho-relationnelles, il sera intéressant de consulter un spécialiste (psychologue, thérapeutes formés en thérapie comportementale et cognitive,..) que vous pourrez trouver dans notre annuaire gratuit en cliquant ici.

7 / Nos solutions complémentaires pour la maladie de Lapeyronie :

En tant que spécialistes du bien-être intime, notre premier conseil est d’en parler à un professionnel de santé spécialisé dans le domaine de la sexualité que vous pourrez trouver dans notre annuaire dédié en cliquant ici. Notre objectif et de répondre au mieux aux questions que vous vous posez. Nous souhaitons également vous proposer des solutions complémentaires les plus adaptées :

  • Extenseur pénien (voir notre sélection) : l’objectif est de diminuer la courbure. Selon l’Association française d’urologie, pour être efficace, ce dispositif devrait être porté de 2 à 8 heures par jour pendant 6 mois,
  • Vacuum (voir notre sélection) : l’objectif est de diminuer la courbure. 

 

Si vous ressentez des signes de la maladie de Lapeyronie et que cela pèse sur votre bien-être ou votre relation avec votre/vos partenaire(s), sachez que vous n’êtes pas seul. Des professionnels de santé spécialisés peuvent vous accompagner (voir notre annuaire gratuit). Des solutions existent, en discuter est un premier pas essentiel.

Bien que cet article soit fondé sur des données issues de la littérature scientifique, il ne possède pas de valeur scientifique propre. Il vise avant tout à rendre ces informations claires et accessibles au plus grand nombre. Il ne se substitue en aucun cas à l’avis d’un médecin, seul habilité à poser un diagnostic.

  • L. Ferretti, F.-X. Madec, W. Akakpo, C. Methorst, D. Carnicelli, J.-E. Terrier, N. Morel Journel, S. Beley, J.-P. Graziana, F. Marcelli, V. Hupertan, R. Yiou, K. Ben-Naoum, L. Savareux, E. Huyghe, A. Faix. RECOMMANDATIONS POUR L’ÉVALUATION ET LA PRISE EN CHARGE DE LA MALADIE DE LAPEYRONIE : RAPPORT DU COMITÉ D’ANDROLOGIE ET DE MÉDECINE SEXUELLE DE L’AFU. Prog Urol, 2021, 8-9, 31, 477-494.
  • G. Abi Tayeh, T. Filler, R. Yiou. Prise en charge de la maladie de Lapeyronie au stade précoce, une revue narrative de la littérature. Progrès en urologie, volume 34, Issue 4, june 2024, page F111 – 119.
  • Laurence A. Levine, MD, FACS. The Clinical and Psychosocial Impact of Peyronie’s Disease. The American Journal of Managed Care, mars 2013, volume 19, Issue 4 Suppl, pages S55-61.