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*Ne remplace pas un avis médical.

La dyspareunie

La dyspareunie désigne l’ensemble des douleurs génito-pelviennes qui apparaissent juste avant, pendant et après l’acte sexuel. Qu’elles soient aiguës ou chroniques, ces douleurs sont liées à la pénétration et/où aux mouvements lors des rapports sexuels.

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1/ Qu’est ce que la dyspareunie, ces douleurs pendant l’acte sexuel ?

 Selon les spécialistes, nous devrions parler de dyspareunies au pluriel, du fait de l’existence d’une multitude de pathologies organiques mais aussi psychologiques. 

On classifie les dyspareunies en deux grandes catégories 

  • les douleurs à l’intromission dites superficielles, localisées au niveau de la vulve, de l’orifice vaginal et déclenchées par l’entrée du pénis dans le vagin,
  • Les douleurs profondes ; douleurs pelviennes ou du fond vaginal (col de l’utérus), déclenchées par la pénétration profonde. Il s’agit de douleurs abdomino-pelviennes dans le bas-ventre et qui ne prennent pas en compte les douleurs de la vulve et de l’entrée du vagin.

De plus, la dyspareunie peux être primaire (apparition dès les premiers rapports sexuels), secondaire (survient plus tard), permanente (à chaque rapport sexuel) ou intermittente (uniquement dans certaines conditions). Elles sont fréquentes, et concerneraient en moyenne 1 femme sur 5 (données variables selon les études). 

2/ Les différentes causes de dyspareunie :

La dyspareunie profonde :

Il existe une multitude de causes à ces douleurs :

  • Pathologies pelviennes (pouvant être la cause ou accompagner une dyspareunie profonde) : infections génitales hautes (cervicite, endométrite, annexite…), fibromes utérins, tumeurs ovariennes, pathologies digestives inflammatoires (syndrome de l’intestin irritable…), hémorroïdes, urétrites bactériennes…,
  • Endométriose (atteinte des ligaments utero-sacrés),
  • Les adhérences pelviennes : d’origine inflammatoire dues à l’endométriose, post-chirurgicales, péri-ovariennes…,
  • La cystite interstitielle ou syndrome de la vessie douloureuse,
  • Fibromyalgie.

 

La dyspareunie superficielle :

Toutes les causes de vulvodynies peuvent être responsable de dyspareunie superficielle. D’autres éléments peuvent également être responsable :

  • Les vulvo-vaginites (infections, mycoses, parasites). Responsable de la majorité des dyspareunies superficielles,
  • Affections dermatologiques vulvaires (lichen plan, lichen scléreux vulvaire, maladie de Bowen…),
  • Facteurs iatrogènes : toilettes ou douches vaginales répétées, utilisation intempestive de tampons en dehors des périodes de menstruations, certains médicaments hypotenseurs ou psychotropes (voir pathologie « médicament »),
  • Maladies chroniques : diabète, neuropathies périphériques, dépressions…,
  • Carence en œstrogènes : exemple de la ménopause (voir syndrome génito-urinaire de la ménopause)…,
  • Cicatrices scléreuses (ex : suite épisiotomie…),
  • Malformations congénitales du vagin,
  • Affections urologiques : infections urinaires basses, cystite interstitielle (syndrome de la vessie douloureuse),
  • Neurogènes : névralgie pudendale…

 

Les périodes à risque de dyspareunie d’intromission sont le début de la sexualité, le post-partum et la ménopause, avec parfois une insuffisance ovarienne prématurée. 

3 / Quels sont les symptômes de la dyspareunie ?

La dyspareunie se manifeste par les symptômes suivants :

  • Une douleur aiguë à l’entrée du pénis ou pendant la pénétration profonde, 
  • Douleurs abdomino-pelviennes (douleurs profondes) lors de la pénétration,
  • Elancements ou douleurs après un rapport sexuel,
  • Sensations de brûlure ou d’irritation,

Des crampes (courte durée) ou spasmes (contraction prolongée) localisés au niveau des muscles du plancher pelvien.

4 / Impact de la dyspareunie sur la sexualité et la qualité de vie

Outre ces symptômes, la dyspareunie peux avoir divers impacts :

  • La personne peut rechercher à ne plus plaire et séduire,
  • Éloignement vis à vis du conjoint dans le but d’éviter les rapports sexuels douloureux,
  • Diminution de la fréquence des rapports,
  • Dysfonctionnement sexuel ; baisse de la libido…
  • Anxiété, état dépressif,
  • Baisse de l’estime de soi.

5 / Comment diagnostiquer la dyspareunie ?

Les femmes souffrant de dyspareunie présentent souvent des difficultés à trouver écoute et soutien, et bon nombre d’entre elles rapportent de ne pas avoir été prises au sérieux. D’où la nécessité de ne pas rester sous le silence et de consulter un professionnel de santé spécialisé (voir notre annuaire).

La consultation médicale représente la première étape vers une prise en charge adaptée. Elle se déroulera avec bienveillance et confidentialité dans le but d’établir une relation de confiance. Votre médecin traitant, un gynécologue, un urologue ou une sage-femme prendra le temps d’écouter vos propos, d’analyser vos symptômes et de comprendre leur impact sur votre vie quotidienne. 

Le médecin réalisera une anamnèse détaillée portant sur :

  • Les caractéristiques de la douleur (localisations, durée, facteurs aggravants),
  • Les symptômes associés (digestifs, urinaires, musculo-squelettiques…),
  • Le comportement sexuel et la sexualité,
  • Les antécédents (psychologiques, de violence physique…),
  • Les comorbidités médicales,
  • Les traitements antérieurs.

 

Par la suite, le praticien réalisera un examen clinique approfondi, avec la possibilité de réaliser des examens complémentaires qui pourront l’aider dans la pose du diagnostic ainsi que dans le choix d’un traitement approprié.

Ce type de douleurs peut toucher toutes les femmes. N’hésitez pas à vous faire accompagner par des professionnels de santé! Cela ne doit pas rester tabou, des solutions existent, n’hésitez pas à en parler !

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Si vous ressentez des douleurs persistantes lors des rapports, il est conseillé d’en parler à un professionnel de santé. Certains praticiens sont spécifiquement formés aux troubles sexuels et à la santé sexuelle.

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6 / Quels professionnels de santé consulter pour la dyspareunie ?

Cela peut impliquer une approche pluridisciplinaire incluant :

  • Gynécologue, sage-femme : en première intention. le praticien pourra poser le diagnostic et proposer un traitement adapté.

 

Pour la suite de la prise en charge :

  • Kinésithérapeute : son rôle sera de faire de l’éducation thérapeutique (conseils), d’aider la patiente à prendre conscience de son corps (bassin, périnée…), à le mobiliser, à le relâcher, à améliorer la contractilité des différents muscles du bassin, à utiliser des dilatateurs vaginaux (voir notre sélection), à soulager les douleurs (técarthérapie),…
  • Sexologue : il évaluera le/les problème(s) sexuel(s) et fournira des conseils personnalisés, adaptés à chaque patient,
  • Psychologue : vous accompagnera dans une thérapie cognitivo-comportementale,

Les autres thérapies complémentaires :

  • Sophrologie, ostéopathie,…

7 /Quels traitements dans la dyspareunie ?

Pour commencer, certains auteurs déconseillent les rapports sexuels avec pénétration, tant que la douleur persiste et qu’aucune solution n’est trouvée.

Le traitement varie considérablement en fonction de la cause, des différentes consultations antérieures et examens complémentaires réalisés, ainsi que des facteurs spécifiques à chaque individu. 

Les différents traitements médicaux de la dyspareunie comprennent :

  • Anesthésiants locaux (ex : gels lubrifiants à base de lidocaïne => en pharmacie),
  • Antidépresseurs,
  • Traitements hormonaux (œstrogènes),
  • Anti-inflammatoires,
  • Injections de Botox,
  • Kinésithérapie,
  • Thérapie cognitivo-comportementale,
  • Chirurgie (traitement des adhérences pelviennes, prolapsus, lésions endométriosiques…).

 

Il est important de comprendre que ces traitements nécessitent souvent plusieurs consultations, en particulier en cas de composante psychologique, l’objectif final étant de trouver le traitement le plus adapté. Les auteurs décrivent des retards fréquents dans la prise en charge qui s’expliqueraient par différents éléments :

  • Sujet encore trop tabou,
  • Ces douleurs sont considérées comme normales par beaucoup de femmes,
  • Absence parfois de suivi régulier chez un gynécologue ou une sage-femme.

8 / Nos solutions complémentaires :

En tant que spécialistes du bien être intime, notre premier conseil est d’en parler à un professionnel de santé spécialisé dans le domaine de la sexualité que vous pourrez trouver dans notre annuaire dédié en cliquant ici. Notre objectif et de répondre au mieux aux questions que vous vous posez et vous proposer ainsi des solutions complémentaires les plus adaptées :

  • Dilatateurs vaginaux,
  • Lubrifiants adaptés,
  • Exercices t’automassage,
  • Sondes de renforcements pour apprendre à contrôler son périnée.

9 / Nos conseils dans le traitement de la dyspareunie.

Les patientes doivent être informées que la résolution de leurs douleurs peut être un processus long et que la douleur peut ne pas disparaître totalement.

Il est très important de faire attention à son hygiène intime :

  • Porter des sous-vêtements 100 % coton (limitent les frottements, et laisse respirer votre peau),
  • Utiliser des lubrifiants adaptés (voir notre sélection),
  • Eviter les produits irritants (parfums, colorants, shampooings, détergents),
  • Privilégier les soins lavants adaptés (voir notre sélection),
  • Eviter les douches vaginales,
  • Ne pas sécher la vulve au sèche-cheveux.

 

Bien que cet article soit fondé sur des données issues de la littérature scientifique, il ne possède pas de valeur scientifique propre. Il vise avant tout à rendre ces informations claires et accessibles au plus grand nombre. Il ne se substitue en aucun cas à l’avis d’un médecin, seul habilité à poser un diagnostic.

  • Abbott JA, Jarvis SK, Lyons SD, Thomson A, Vancaille TG. Botulinum toxin type A for chronic pain and pelvic floor spasm in women: a randomized controlled trial. Obstet Gynecol. 2006 Oct;108(4): pages 915-923. 
  • L. Sibert , A. Safsaf , J. Rigaud , D. Delavierre , J.-J. Labat, Approche symptomatique des douleurs sexuelles chroniques, Progrès en urologie (2010) volume 20, pages 967—972.
  • ANNE-CHARLOTTE MILLEPIED, Dyspareunies et endométriose :  expériences biographiques  et cliniques des femmes, Revue Médicale Suisse 2023 ; volume 19 : pages 1258-61.
  • Brichant G, Carvelli P, Moïse A, Nisolle M, Panariello B, Rousseau L, La dyspareunie féminine, pas un simple trouble fonctionnel, Revue médicale Liège 2023 ; 78(5-6) : pages 381-387.
  • Lea Vicente Dos Santos , Emilie Cerutti, Parcours de soins des femmes françaises souffrant de dyspareunies et place de la kinésithérapie, The French Journal of Urology, volume 34 (2024), Issue 3, article 102579.
  • James Sorensen, Katherine E. Bautista, Georgine Lamvu, Jessica Feranec. Evaluation and Treatment of Female Sexual Pain: A Clinical Review. Cureus 10(3): e2379.
  • TREGUIER Romane, L’INTERET DE LA PRISE EN CHARGE KINESITHERAPIQUE DANS LE TRAITEMENT DE LA DYSPAREUNIE CHEZ LA FEMME, mémoire de fin d’étude, D.E.M.K. Marseille 2022.
  • https://www.revuegenesis.fr/douleurs-les-dyspareunies-en-consultations-gynecologiques-obstetricales/
  • Hélène Joubert, La dyspareunie féminine dans tous ses états, 24 janvier 2023. https://francais.medscape.com/voirarticle/3609608#vp_1
  • https://www.elsan.care/fr/pathologie-et-traitement/maladies-gynecologiques/dyspareunie-definition-causes-traitement